BRUNO TOCANNE - drums

SOPHIA DOMANCICH - piano, keyboards

ANTOINE LÄNG - vocal, effects

REMI GAUDILLAT - trumpet, flugelhorn.


Bien au delà de toutes étiquettes identifiables... Entre jazz, rock et rêverie psychédélique "Sea Song(e)s" est une expérience imaginée à partir de l'oeuvre de Robert Wyatt, icône intemporelle et compositeur/vocaliste culte des grandes heures progressives anglaises. Autour du batteur Bruno Tocanne, s'unissent les claviers de Sophia Domancich, la trompette de Rémi Gaudillat complétés par le chant et les multiples effets sonores d'Antoine Läng. Morceau d'ouverture du merveilleux "Rock Bottom" de Wyatt, Sea Song fait office de point d'ancrage : cette petite pièce aux couleurs diaphanes devient ici la matière minimaliste et poétique. Le piège était d'évidence une vaine relecture ou un mimétisme hasardeux: il n'en est rien. C'est une création emplie d’atmosphères crépusculaires, de climats clairs-obscurs, bien au delà de toutes étiquettes identifiables, une architecture sonore aux formes évolutives et anguleuses, peuplée de quelques saillies froides et coupantes. On se plait à oublier le concept initial, happés par la profondeur de ces vagues électriques de piano Rhodes, comme ces sensuelles mouvances harmoniques, entre jazz, rock et rêverie psychédélique. Tocanne et son drumming subtilement polymorphe en orientant l'énergie, guidant ce long fleuve jusqu'à sa source, pour un sobre et lumineux Sea Song en point final"  Jean Pierre VIDAL - JAZZ MAGAZINE ****                                         

LA  GENESE
 

So beautifully refined - abstracted essences... Magical  ROBERT WYATT

Gros coup de cœur  LES INROCKS

Sélection LE MONDE

 Superbe  MEDIAPART

 

 

 

 

 

 

 

 

Sea Song(e)s

"Absolutely lovely !"  Robert WYATT

Photos Pidz

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Présentation Philippe GONIN, auteur de "Robert Wyatt, Rock Bottom," éditions Densité, Rouen, 2017

"Ne cherchez pas ! Il n’y en a pas… Vous ne trouverez pas dans Sea Song(e)s de « reprises », aucune chanson de l’album de Robert Wyatt… ou presque. Car Sea Song(e)s n’est pas une relecture de Rock Bottom. Sea Song(e)s est plus que cela. C’est plutôt une sorte de palimpseste, partition dont on aurait effacé les notes et les rythmes pour n’en garder, sur la page devenue blanche, que l’espace. « Ce que je fais n’appartient même pas à une catégorie que je peux nommer, aime dire Wyatt. Ce n’est simplement pas. » Ni jazz, ni pop, ni rock, ni musique improvisée ni même électro Sea Song(e)s est aussi tout cela à la fois. Musique d’expérience, c’est une sorte de long poème, d’ode à une œuvre faite de songes, d’eau, de sons et d’espace. Un univers de fonds rocheux où se meuvent comme des créatures marines des climats, des paysages aquatiques : « Ressac », « Sea Dance », « Du Clair au Sombre »… et même ce clin d’œil à double sens, cette « C(arla) Song » rappelant que, dans l’univers de Wyatt, tout comme dans celui de Bruno Tocanne et de ses complices, Carla Bley n’est jamais loin. Parfois, les textes de ce « chanteur-diseur à l’œuvre obscure » qu’est Marcel Kanche viennent éclairer ces songes marins de leurs mots qui disent l’errance mais aussi l’amour.  « J’ai vu un homme tomber » nous dit Aimez-le, « Il tombe des cieux comme un ange de déveine. » Déveine que cette chute fatale qui, un soir de juin 1973, condamna Wyatt à passer le reste de sa vie dans un fauteuil. Mais l’ange tombé des cieux livra alors un des plus beaux albums auquel les années 1970 aient donné naissance. 
Les musiciens qu'a réunis Bruno Tocanne ont tous apporté, sans vaine virtuosité, sans démonstration inutile et sans pourtant renier leur talent, leur contribution à cette musique « qui n’est pas »… Les claviers de Sophia Domancich, la trompette ou le bugle de Rémi Gaudillat et les effets vocaux d’Antoine Läng recréent à leur manière cet édifice tantôt fragile, tantôt inquiétant, fait de halos sonores tour à tour denses ou épurés, qu’est la musique de Rock Bottom. Et quand bien même, au détour d’un titre on reconnaît une tournure particulière, des accords semblant familiers, Sea Song(e)s ne tombe jamais dans la pâle copie ou l’hommage stérile et trouve, à travers les mondes de Wyatt, son propre univers, sa propre couleur, une musique qui, même si elle laisse parfois s’échapper des climats angoissants, sait aussi nous donner le temps de respirer.  « Aller vers l’espace, vers la lumière » confia Alfie à Robert. C’est vers cet espace, vers cette lumière que nous invitent les quatre musiciens. Œuvre onirique, Sea Song(e)s nous ramène enfin à sa source avec cette version dépouillée et sereine de « Sea Song », comme un retour vers cette petite ritournelle mais dépouillée de ses atours.
Album inclassable, Rock Bottom est un disque où se côtoient des plages troublantes et ce que Wyatt lui-même aime appeler ses « petites ritournelles pour adultes ». « Sane songs for insane times » écrit Jonathan Coe lorsqu’il évoque les chansons qui le composent. Et l’on pourrait sans doute en dire de même de cette belle œuvre qu’est Sea Song(e)s. Une création dans laquelle les musiciens nous invitent à voyager dans un temps hors du temps, dans un espace à la fois intime et ouvert sur le monde, un monde redécouvert, re-composé : une œuvre simple, belle et, malgré tout, ensorceleuse."