EDITO / JAZZ(S) A TROIS PALIS 2021

 

A l’heure où une grande partie du secteur institutionnel des musiques d'aujourd'hui passe sous les fourches caudines de la sacro sainte "industrie musicale", que ce soit au Ministère de la Culture- devenu une sorte d’annexe d'un ministère du commerce et de l’industrie -, au Centre National de la Musique (CNM) ou au niveau de certaines collectivités territoriales qui s’engouffrent dans cette brèche, il est devenu complexe mais vital de défendre d’autres formes de rencontres musicales, en tentant de revenir  sur les fondamentaux…

Après l'annulation de l'édition 2020 pour cause de pandémie deartistes majeurs de la scène européenne et internationale ont accepté avec enthousiasme ce nouveau pari.

Entre cette industrie mastodonte - maintenant également omniprésente sur le net - avec ses grosses productions mondialisées et des lieux dédiés à la culture et autres festivals devenus, bien malgré eux pour la majorité, assez élitistes, artistes et public manquent cruellement de lieux conviviaux à dimension humaine permettant de réels échanges, des rencontres impromptues, des occasions de vivre et de partager des musiques acoustiques créatives et peu médiatisées. Cette pandémie aura permis de se rendre compte de l'importance de ce type d’événements à dimension humaine.


Heureusement certaines collectivités locales comme le département Charente, le GrandAngoulême et la Mairie de Trois Palis,  en plus de de la Spedidam et de Pro Helvetia (Suisse) continuent à croire à ce type d’événements et à nous apporter un soutien indispensable.

(La Région quant à elle estimant que ces rencontres ne sont pas "à dimension nationale" (sic)...)
La participation active du Service Pays d’art et d’histoire, un concert "Soirs Bleus" - pris en charge par GrandAngoulême - nous incitent à résister et à continuer dans cette voie.


Ces rencontres ne peuvent réussir sans la participation active de musiciens de qualité qui soient curieux, ouverts, généreux, sincères, créatifs et qui acceptent de se produire dans des lieux non dédiés, avec un matériel technique minimaliste, lorsque les concerts ne sont pas totalement acoustiques.


Un partenariat avec la fédération de labels jazz et musiques improvisées Les Allumés du Jazz, va toujours de soi. Nos "combats" pour une autre façon d’aborder le partage de la musique sont les mêmes, qu’elle soit enregistrée ou sur scène…  Pour vous en convaincre je vous suggère de visiter le site des Allumés du Jazz et de vous abonner (gratuitement) au journal. Ils seront présents sur le festival avec leur journaux, revues, livres et disques.


Merci à toutes les personnes, les partenaires, les sites, blogs, et autres médias qui nous soutiennent d’une manière ou d’une autre. Et je suis certain que vous apprécierez à leur juste valeur tous ceux et toutes celles qui s’impliquent dans l’organisation et l’accueil.
 

Bruno Tocanne, directeur artistique - 06/2021